Le marabout (la cafetière) chantait sur le poêle, le café était prêt à être versé dans son bol. Il prenait d'abord du bon café très fort mélangé à peu de chicorée et agrémenté d'une très légère pincée de sel, puis une seconde tasse avec du lait dans laquelle il trempait deux ou trois tartine...

Quand il avait bu et mangé, ma mère reprenait du café avec lui. Elle mettait le restant dans son bidon. Il s'agissait, cette fois, d'arpassage (repassage) : la proportion en chicorée et en eau était supérieure. Cette boisson très hygiènique convenait à toutes les températures. Par froid glacial, la goutte de chirloute était "bon frais" ; par temps doux, elle était "bon tiède", ce qui n'aurait pu être le cas de l'eau pure ou de la bière.
Augustin Wisieux - Mineur de fond


Au matin, sitôt qu'in s'révelle,
Ch'est pour aller caresser ch'marabout.
In fait tourner chelle manivelle,
Pindant qu'chelle iau d'sus ch'fu qu'alle bout.
J' n'connos pont d'pus belle musique,
Que ch'café qui tourne dins ch'molin.

Jules Watteeuw - Tourcoing - Poète du Nord


Traduction NON littérale :
Au matin, aussitôt qu'on se réveille,
C'est pour aller s'occuper du café.
On fait tourner la manivelle,
Pendant que l'eau bout sur le feu.
Je ne connais pas de plus belle musique,
Que le café qui tourne dans le moulin.