Version sonore : Régis




- Alors D’siré, d’pus l’dernier cop te t’as rmis ?
- Bin ouais, mi cha va toudis.
J’ai bin eu l’niflette pindint in-ne paire ed jours mais à ch’t’heure ch’est tout.
- Et tin tiot, toudis aussi archèle ?
- Te verros cha, un vrai ver à queue. I n’arrête point in-ne minute. I a in-ne rute sinté.
I est pas si tôt rintré qu’le v’là déhors.
- Et t’fin-me, cha va aussi ?
- A m’ote qu’à ouais.
Alle a r’monté douze routes ed peun’tierres.
Pourquoi qu’té demindes cha ?
- Pas’que te viens d’sortir de l’pharmacerie.
Alors j’pinsos qu’y avot quelqu’un d’malate.
- L’jour qu’te m’verras sortir du cimetière cha voudra dire que j’sus mort !

Livre de michel meurdesoif
Extrait du livre :
L'minteux y est pas lon...
Michel Meurdesoif

Traduction littérale :
- Alors Désiré, depuis le dernier coup tu t’es remis ?
- Bien oui, moi ça va toujours. J’ai bien eu le nez qui coule pendant une paire de jours mais maintenant c’est tout.
- Et ton petit, toujours aussi remuant ?
- Tu verrais ça, un vrai ver à queue, il n’arrête pas une minute. Il a une rude santé. Il n’ai pas aussitôt rentré que le voilà dehors.
- Et ta femme, ça va aussi ?
- Il me semble que oui. Elle a remonté une douzaine de routes de pommes de terre. Pourquoi tu demandes ça ?
- Parce que tu viens de sortir de la pharmacie. Alors je pensais qu’il y avait quelqu’un de malade.
- Le jour que tu me verras sortir du cimetière ça voudra dire que je suis mort ?