Y perd sin poil, et s’ piau vient dé s’ rimplir ed croûtes,
Il perd son poil, et sa peau vient de se remplir de croûtes,
Y calch’ el coin d’ l’étuv’ tell’mint y-est dév’nu tout frileux,
Il cherche le coin du poële tellement il est devenu tout frileux
T’ comprinds, mi, pour soigner les cats, j’ n’y intinds goutte,
Tu comprends, moi pour soigner les chats, je n’y entends rien,
J’ai invi dé l’ laver, ed’puis l’ tiêt’ jusqu’à s’ queue,
J’ai envie de le laver, de la tête à la queue,
Dé l’ nettiyer à fond par un bon savonnache. »
De le nettoyer à fond par un bon savonnage »

« - N’ fait point cha, cri’ Batiss’ t’in s’ros vit’ bin peineux,
« - Ne fais pas ça crie Baptiste tu serais bien vite dans la peine,
T’ n’as jamais vu fair’ cha, sûrmint, din t’n intourache,
Tu n’as jamais vu faire ça, sûrement dans ton entourage,
Et si té l’ lav’, tin cat, y n’ vivra pus longmint. »
Et si tu laves ton chat, il ne vivra plus longtemps »

L’ quinzain’ d’après, Batiss’, in passant su l’ kémin,
La quinzaine d’après, Baptiste en passant sur le chemin,
S’intind app’ler. Zidor, qui perdot l’ frais sus s’ porte,
S’entend appeler. Zidor, qui prennait le frais sur sa porte,
Li dit : « T’ sais, min p’tit cat, cel’ tiot’ biêt’, elle est morte ;
Il dit « Tu sais, mon petit chat cette petite bête, elle est morte ;
J’ l’avos bin savonné, cha n’y plaisot point fort,
Je l’avais bien savonné, ça ne lui plaisait pas beaucoup
Et pis y-a tourné d’ l’œil malgré tous mes efforts.
Et puis il a tourné de l’œil malgré tous mes efforts

« - Des cats, cha n’ sé lav’ point, même avec ed l’iau tiède. »
« - Des chats, ça ne se lave point, même avec de l’eau tiède. »

Et Zidor y répond, tout in hochènant s’ tiête :
Et Zidor y répond, tout en hochant sa tête :

« Si y-est mort, min p’tit cat, ch’ n’a point té in l’ lavant,
« S’il est mort, mon petit chat, ce n’est point en le lavant,
Ch’est in l’ tordant ! »
C’est en le tordant ! »

Claude Hémez - Hasmon, été 1964.
Claude Hémez est né en 1897.