
Les cloches du carillon de Bergues
J'ai rincontraie Marie aveuc sin nouviau bonami... on dirot un déhoqueux d'cordes !
Déhoquer : décoincer, dégager, remettre en marche ce qui est resté en rac (ou en raque).
Déhoqueux d'cordes : portrait ironique et désobligeant d'un homme qui serait grand, mince et capable seulement d'exercer la profession de carillonneur à la corde. Cette expression laisse sous-entendre que sa taille pourrait lui permettre, sans escalade, de replacer une corde de sonnerie qui aurait quitté sa gorge de la poulie d'entraînement du mouvement des cloches.
Dans certaines localités du Pas-de-Calais, déhoquer se dit également déroquer.
Dans les deux cas, il faut entendre : contraire de aroquer.
Si c'est patois... ch'est mi
de Tit Louis alias André Balle.
Patois calaisien
Mots, phrases, expressions, dictons en patois comme on le parle à Calais et dans la région de Calaisjeudi, décembre 31 2009
Dehoqueux d'cordes
Par Mincoin le jeudi, décembre 31 2009, 08:48
samedi, novembre 7 2009
Ratatoule
Par Mincoin le samedi, novembre 7 2009, 13:48

Je n'sais pon quo qu'o z'avez mis dins vo ratatoule, mais je n'ai jamais mingeaie de l'si bonne... Ch'est du nanant !
Nanant est en patois calaisien un superlatif qui signifie extra, de première qualité.
Relevé dans Si c'est patois... ch'est mi ! du regretté Tit Louis alias André Balle
lundi, mars 2 2009
La farce du buhaut
Par Mincoin le lundi, mars 2 2009, 07:31

Forgeron d'vint s'forge ; s' sut infunquaie dins l'boutique !
Le buhaut, c'est la partie de la cheminée qui se trouve au-dessus du toit.
Dans nos commune rurales, au maison sans étage, le "buhaut" joue un rôle très important.
D'un simple coup d'oeil, par exemple, on sait si : "Marie alle est à s'mason... sin buhaut y funque !"
De même que la densité ou la couleur de la fumée font dire, à coup sûr :
"Ch'est s'cuisinière à carbon qu'alle marche ou Alle a alleumaie sin fu d'bos" (l'âtre).
Nous avons souvenance (et pour cause) d'une "farce du buhaut" que nous avions faite au vieux forgeron du village (farceur également) en compagnie de quelques "galoubis" de notre âge :
La cheminée de la forge s'élevait à peine au-dessus de la toiture basse, que l'un d'entre-nous eut vite fait d'escalader pour poser une vitre, à plat, au sommet du rectangle de briques.
C'était par un bel après-midi d'été, aucune perturbation atmosphérique ne pouvait donc justifier la présence de l'épais nuage de fumée bleutée, dans lequel se débattait notre "victime".
On la vit sortir précipitamment pour appeler "sa vieille" (c'est le nom que notre homme employait)
- Quo qu'y a ? Ben mon Diu, t'as les larmes aux yux !
- L'quéminaie alle est bouchée !
- Non, j'ai argardaie, on vot l'jour à travers !
- Ben cha alors, ch'est cor plus fort ! et...
nous n'avons pas écouté la suite... mais le lendemain, la vitre avait disparue...
Nous n'avons plus jamais entendu parler de cette "histoire de buhaut", car un farceur n'avoue pas qu'il a été farcé.
Tit Louis - alias André Balle.
jeudi, janvier 15 2009
Miroule té connos ?
Par Mincoin le jeudi, janvier 15 2009, 07:30

La plage de Calais, femmes allongées, ferry-boat.
Miroule : adverbe de quantité ; beaucoup.
- On gagne pas miroule dins ch'métier là !
Ce mot est parfois employé pour mirobolant.
- Ch'est pon miroule comme résultat.
D'après : Si c'est patois... ch'est mi - Tit Louis - alias André Balle.
Mirouye ou miroulle : merveille, illusion, promesse fallacieuse (dans le boulonnais)
- Contèr mirouyes : raconter des histoires invraisemblables ; et sans intérêt.
- Ca 'n vaw pon mirouye : ça n'a pas de valeur ; ça n'est pas merveilleux.
- I n'in fait pon mirouye : il ne fait pas grand chose, il ne fait de merveilles.
D'après : Le Patois de la côte - Jean Pierre Dickès
Miroule : Adverbe ; beaucoup important.
- Ch'est pons miroule : il n'y a pas de quoi s'extasier.
D'après : Parler Picard - Jules Joly
Miroulle : riche
- A s'mason, i n'fait pas miroulle.
- I n'est pon pus miroulle que z'autes
- Té m'prinds pon pour miroulle ? (Tu me prends pas pour Crésus ?)
- N'dirot-on point qu'ch'est miroulle qui passe ?
D'après : 2000 mots du patois de chez nous - Guy Dubois
lundi, décembre 29 2008
Fauque ou foque
Par Mincoin le lundi, décembre 29 2008, 07:02

La mer de tous les chtis, couleurs du Nord
Fauque ou foque : seulement, rien que.
- Y avot fauqu' mi à faire cha.
J'étais le seul à faire cela
- Faut vous dépêcher... on a neuf kilomètres à faire et on n'est fauqu'au cinquième !
Tit Louis - Calaisis
- I n' tot mi' bavard' non, ch'est fauque
S'langue' tournot comm' l'ail' d'un moulin.
Georges Fidit - Valenciennes
- I n'a foque un : il n'y en a qu'un.
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