Un biau corbiau tout noir, incrinqué su chin ape,
t'nau ben serré din s'bouc un fromache eud' Maroille.
Un jonne finnaud d'arenard, l'estomac in écharpe,
Par l'sentiment guidé, nifla vers ché zétoiles.
Eun' toute jonne souris dins les pattes d'un cat,
Un viux cat qui savot sin métier
Ed' défournaquer ches souris et chez rats,
All' essayot d' l'apitoyer.
Ch' cat i dormot au solé. In dirot que ch' cat i rit avec es' bouque findue.
I a des bieaux poils raites tout près d' sin nez. Duch'mint, duch'mint, Mam'zelle Lucette all' ahoupe el moustache blanque.
D'un seul cop, quette cosse groule, griffe et s' sauve.
Ebeuhée, Lucette ravise es' main dù qu'i sont dessinées tros raies rouches et all' s' met à braire.
Le chat dormait au soleil. On dirait que le chat rit avec sa bouche fendue. Il a de jolis poils raides près de son nez .
Doucement, doucement, Mademoiselle Lucette agrippe la moustache blanche ...
Brusquement, quelque chose grogne, griffe et s'enfuit.
Ahurie, Lucette contemple sa main où sont dessinées trois raies rouges, et elle se met à pleurer.
A. Lichtenberger - La petite soeur de Trott - 1956. (Bibliothèque rouge et or souveraine)
In Krikri i-avo kantay
Tout l'été ;
I s'arthrouva bék éd bo
Kant el vin nou ramna l' fro :
Pu rin pour li mét din s' bouk :
Pon inn karplu, pon inn mouk.
L' langue ed chés gins c'est comm'el keuw ed chés tiens, on peut pon l'impêcher ed balincer.
La langue des gens, c'est comme la queue des chiens on ne peut pas l'empêcher de balancer, comme on ne peut pas empêcher les mauvaises langues de parler.
Je m'appelle Jean, j'ai 59 ans, je suis né à Montigny-en-Gohelle, dans le P-de-C, dans les corons.
Le ch'ti est quasiment ma langue nourricière.
Vous ne pouvez pas savoir, quel bonheur m'envahit quand je parle ce patois qui m'était interdit dans mon enfance. Il paraît que cela faisait vulgaire...
Quand, j'entends parler les jeunes d'aujourd'hui, cela me rassure.
Je me souviens des soirées passées en famille, quand nous écoutions sur "Radio Lille" L'vaclette de SIMONS.
A vingt ans, pour des raisons professionnelles, je suis parti dans le Nord où j'ai continué à parler le ch'ti, à chaque fois que l'occasion m'en été donnée.
Depuis 1989, et toujours pour raisons profesionnelles, j'habite dans le département de l'Aube.
Je parle rarement le ch'ti et cela me manque !
Régulièrement, je retourne dans le Nord, à Stella-Plage où j'ai acheté un appartement.
Je suis étonné de voir que ce patois, chargé d'Histoire, disparaît.
En attendant de souvent vous lire, je vous adresse, une chanson comique que je garde au fond de mon coeur depuis plus de cinquante ans : L'MAROTTE A POIRES.
Jean Carlier
Vous pouvez retrouver "La marotte aux poires" dans la rubrique "chansons chti"
Message publié dans son intégralité avec l'aimable autorisation de Jean Carlier
Une phrase par jour, pour faire vivre notre langage dans la bonne humeur, vos commentaires, anecdotes en patois ou en français sont les bienvenus.
Mincoin
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