samedi 24 septembre 2005

  Patacon

Au rond des patacons

Ch'est l' ducasse à nou mason

Y'a de l' tarte et du gambon

Des chuques pour les tits garchons

Pour ech'tchien y'a du sauret

Et des bon oches à ronguer.


Patacon : pomme de terre coupée en rondelles et frites dans la graisse

Chuque : bonbon

Ronguer : ronger

samedi 30 juillet 2005

  Fête à Arras

Iras-tu voir la fêt' d'Arras ?


Iras tu vir el fête d'Arras ? Disait Jacque -

line au gros Colas - Tu sins bien que j' n'y manqu' rai

pas ; pour eun' si bell' fêt' Je viens d' faire implett' ; J'ai ache -

té un biau capieux. Car el miun étot rempli d'treux !


Iras tu voir la fête d'Arras ? Disait Jacque -

line au gros Colas. - Tu sais bien que j' n'y manquerai

pas; pour une si belle fête Je viens d' faire emplette; J'ai ache -

té un beau chapeau car le mien était plein de trous !

dimanche 24 juillet 2005

  Desrousseaux

ALEXANDRE DESROUSSEAUX

Portrait de Desrousseaux
Portrait de Desrousseaux

Il est né le 1er janvier 1820 dans une courée du Quartier Saint-Sauveur à Lille.
Son père était passementier et violoniste.
Dès 18 ans, Alexandre compose des couplets qu’il met en musique
et se met à chanter dans les rues et dans les cabarets.
Il se décide à publier sa première feuille de pasquilles.
On y trouve, « Le marchand de chansons », « Clistorelle », « Le mariage de Saint-Sauveur » et « Min p’tit amant ».

Cela lui coûte 12 francs et tout est vendu au Carnaval : voilà comment débute une carrière !


Lorsqu’il se marie en 1846, il s’installe dans la cour Jeannette à vaques et continue à créer des chansons.
En 1848, il réunit toutes ses œuvres dans un volume qui connaît le succès : de plus, il trouve un emploi à l’Hôtel de Ville.
C’est le petit monde des ouvriers qu’il côtoie qui lui inspire ses principales chansons :
il chante la vie humble de tous les jours avec ses joies, ses plaisirs et ses peines.

Ses œuvres emplissent cinq volumes de «Chansons et Pasquilles Lilloises ».
Certains de ses succès se chantent encore aujourd’hui
« L’habit d’min vieux grand-père, « L’femme du coulonneux », « L’café »…

Mais Desrousseaux est surtout resté célèbre grâce à sa fameuse « Canchon Dormoire » qui est la berceuse du P’tit Quinquin ».
Auparavant employé au Mont de Piété, puis à l’Hôtel de Ville,
il termine sa carrière comme préposé chef des Octrois de la Ville de Lille.
Il décède les 23 Juillet 1892.


Extrait de :
Le P'tit Quinquin
d'Alexandre Desrousseaux
Prix 7 euros + 3 de port

Disponible chez l'auteur :
Guy Dubois
4 rue des Poteaux
62138 Haisnes Lez La Bassée

Livret du P'tit Quinquin

Monument Desrousseaux
Le Monument Desrousseaux - LILLE

samedi 30 avril 2005

  Dors min petit quinquin

La meilleure version chantée du pt'i quinquin est chanté par Raoul de Godewarsvelde :

Dors min ptit kinkin, le texte original avec sa traduction littérale en français actuel.

La canchon dormoire et une berceuse très populaire dans la région Nord.

Avant la deuxième Guerre Mondiale cet air servait de générique à "Radio Lille"

Paroles et musique d'Alexandre Desrousseaux


Dors min, min ptit kinkin,

Min ptit pouchin,

Min gros rogin !

Te m’fras du chagrin

Si te n’dors poin chqu’à dmain.


Dors, mon petit bébé,
Mon petit poussin,
Mon gros raisin !
Tu me feras du chagrin
Si tu ne dors pas jusqu’à demain.


Ainsi l’aute jour unne pauve dintelière,

In amiclotant sin ptit garchon

Qu’i, dpui tros carts d’eure, ene faijot qu’brère,

Tachot d’l’indormir par unne canchon.

Èle li dijot : Min Narcisse,

Dmain t’aras du pain d’épice,

Du chuke à gogo

Si t’es sache et qu’te fais dodo…



Dors, min ptit kinkin …


Ainsi l’autre jour une pauvre dentellière,
En berçant son petit garçon
Qui, depuis trois-quarts d’heure, pleurait sans arrêt,
Tachait de l’endormir par une chanson.
Elle lui disait : Mon Narcisse,
Demain tu auras du pain d’épice,
Du sucre à gogo
Si tu es sage et que tu fais dodo…


Et si te m’laiches faire unne bonne semainne,

J’irai dégager tin biau sarau,

Tin pantalon d’drap, tin gilliet d’lainne,

Comme un ptit milord te sras faraud !

J’tacatrai, l’jour del ducasse,

Un polichinel cocasse,

Un turlututu

Pour juer l’air du Capiau-pointu.



Dors, min ptit kinkin …


Et si tu me laisses faire une bonne semaine,
J’irai dégager ton beau sarrau,
Ton pantalon de drap, ton gilet de laine,
Comme un petit milord tu seras faraud !
Je t’achèterai, le jour de la fête paroissiale,
Un polichinelle cocasse,
Un turlututu
Pour jouer l’air du Chapeau-pointu.


Nous irons din l’cour Jannète-as-Vakes

Vir les marionnètes. Conme te riras,

Quant t’intindras dire : “Une doupe pou Jake !”

Pa l’polichinel qu’i parle maga.

Te li metras din s’menote,

Au lieu d’doupe, un rond d’carote !

I t’dira merci,

Pinse conme nous arons du plaisi !



Dors, min ptit kinkin …


Nous irons dans la cour de Jeannette-aux-Vaches
Voir les marionnettes. Comme tu riras,
Quand tu entendras dire : "Un sou pour Jacques !"
Par le polichinette qui parle en zézayant
Tu mettras dans sa menotte
Au lieu de sou, un rond de carotte !
Il te dira merci,
Pense comme nous aurons du plaisir !


Et si par asard sin maite I s’fache,

Ch’est alor, Narcisse, que nous rirons.

San nn’avoir invie, j’prindrai mn’air mache,

J’li dirai sin nom et ses sournoms !

J’li dirai des fariboles,

I m’in répondra des droles,

Infin, un chacun

Vera deus pestakes au lieu d’un …



Dors, min ptit kinkin …


Et si par hasard son maître se fâche,
C’est alors, Narcisse, que nous rirons.
Sans en avoir envie, je prendrai mon air mèchant,
Je lui dirai son non et ses surnoms !
Je lui dirai des fariboles,
Il en répondra des drôles,
Enfin, chacun
Verra deux spectacles au lieu d’un …


Alor, sère tes ieus, dors min bononme,

J’va dire une prière à Ptit-Jésus

Pour qu’i vyinne ichi, pindan tin sonme,

T’faire réver qu’jai les mains plainnes d’écus !

Pour qu’i t’aporte une cokile

Avec du chiro qu’i guile

Tout l’long d’tin minton,

Te t’poulèkras tros eures de long !



Dors, min ptit kinkin …

Alors, ferme tes yeux, dors, mon bonhomme,
Je vais dire une prière à Petit-Jésus
Pour qu’il vienne ici, pendant ton somme,
Te faire rêver que j’ai les mains pleine d’écus !
Pour qu’il t’apporte une brioche
Avec du sirop qui dégouline
Le long de ton menton,
Tu te pourlèchras pendant trois heures !


L’mos qu’i vyint, d’Saint-Nicola ch’est l’fiète,

Pour sûr, au soir, i vyindra t’trouver.

I t’fra un sermon et t’laichra mète

In-dzou du balo un grand painnié …

I l’rimplira, si t’es sache,

D’séquois qu’is t’rindront bénache,

San cha, sin baudet

T’invoira un grand martinet.



Dors, min ptit kinkin …


Le mois prochain, de Saint-Nicolas c’est la fête,
Pour sûr, le soir, il viendra te trouver,
Il te fera un sermon et te laissera mettre
Sous la cheminée un grand panier …
Il le remplira, si tu es sage,
Des choses qui te rendront heureux,
Sinon, son âne
T’enverra un grand martinet.


Ni les marionnètes, ni l’pain d’épice,

N’ont produit d’éfet, mais l’martinet

A vite rapagé l’petit Narcisse

Qu’i crainiot d’vir ariver l’baudet.

Il a dit s’canchon dormoire,

S’mère l’a mis din sn’ochinnoire,

A rpis sin coussin

Et répété vint fos che rfrain :



Dors, min ptit kinkin …


Ni les marionettes, ni le pain d’épice
N’ont produit d’effet, mais le martinet
A vite calmé le petit Narcisse
Qui craignait de voir arriver l’âne.
Il a dit sa berceuse,
Sa mère l’a mis dans son berceau,
A repris son coussin
Et répété vingt fois ce refrain.


Dors, min ptit kinkin …

Alexandre Derousseaux

notes de musique du Ptit quinquin
La partition du ptit Quinquin


Première de couverture du livret

Livret pour bien comprendre :
Le P'tit Quinquin
d'Alexandre Desrousseaux

Pour bien comprendre
L'CANCHON DORMOIRE
Par Guy Dubois
Disponible chez l'auteur : haisnesATwanadoo.fr (remplacez AT par @)

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