Wassingue
Par Regis Lenglos, mardi 11 mars 2008 à 18:56 :: Chti des mineurs :: #913 :: rss
Quand ch'tiot i a piché par terre, l'wassingue alle n'est pas lon d'servir.
Wassingue : serpillière.
D'après :

2000 MOTS du patois de chez nous.
Guy Dubois

Commentaires
1. Le mardi 11 mars 2008 à 21:26, par Mozinpef
Si ch'tiot yétot amicloté, à comme y faut, yarot pos b'zoin ed passer el wassingue!
2. Le mardi 11 mars 2008 à 21:35, par berguenard
Té pouro toudis passer l'douelle
si té peu po l'amicloter, t'as qu'a l'emmailloter
3. Le mercredi 12 mars 2008 à 07:29, par Mozinpef
A Berguenard: ch'est quoi, une douelle???
A Patrick: "Hein?" ( Le boubourse que je suis, n'a pas bien saisi le sens de votre commentaire)
4. Le mercredi 12 mars 2008 à 07:53, par patou
a patrick
qué cho que tu dis "le plus grand regret c'est de récupérer les jeunes chtis" j'ai rin compris !!!!!! du moins je l'espère.
5. Le jeudi 13 mars 2008 à 06:52, par Mozinpef
A Kimberlotte:
Dins el cambrésis, in dit "eune loque à r'loqueter"; ch'est pûtot, eune lavette, ou un chiffon pour épouster ?
6. Le jeudi 13 mars 2008 à 09:39, par kimberlotte
Mozinpef, en patois du Cambrésis, ein' loque à r'loqueter, c'est une wassingue. Loqu'ter, ou r'loqueter, c'est passer la serpillière. A Quiévy, on dit un loqu'to. Quand on parlait français, on disait wassingue et wassinguer ! Un chiffon, une lavette, c'est juste ein' loque.
Il y a un certain nombre de mots qu'on employait quand on parlait bien en croyant que c'était du bon français, mais en fait qui sont typiquement du Nord : wassingue, couët, cru (au sens humide), pâture, rammasse-poussière, racleau, tourtière, etc... C'est en faisant des études ou en voyageant dans les autres régions de France que l'on s'apercevait de nos spécificités !
A propos de voyager, Avesnes-lez-Aubert était un village de saisonniers : bettravieux et briqueteux notamment, qui allaient travailler de la Picardie à la Champagne-Ardennes en passant par le Nord Pas-de-Calais bien sûr, là où poussaient les betteraves et où il y avait de l'argile. Ils glanaient donc au passage du vocabulaire de ces régions, ce qui explique le langage (et peut-être aussi l'accent) si particulier d'Avesnes-lez-Aubert. En dehors des campagnes de betteraves au printemps et à l'automne, et des briques en été, tout le monde tissait en cave. Mais ces trois activités ont été mécanisées à peu près à la même époque, entre les deux guerres, si fait que la majorité des hommes du village se sont retrouvés au chômage en même temps. Ce qui explique l'arrivée du communisme à Avesnes-lez-Aubert, toujours présent aujourd'hui à la tête de la municipalité !
7. Le jeudi 13 mars 2008 à 09:40, par patou
mi em mère elle diso loque à vaisselle
8. Le jeudi 13 mars 2008 à 09:53, par maceju
a kimberlotte , j'sins comme in reproche d'in la fin d'tin raisonnement? sans vouloir faire ed'politique
9. Le jeudi 13 mars 2008 à 11:01, par kimberlotte
A maceju, non, ce n'est pas un reproche, c'est l'histoire ! Je dirais même, l'Histoire !!
Mon grand-père, qui était bettrafieux, briqu'teux et tisseur de baptiste mais surtout de linon, s'est donc retrouvé au chômage comme tout le monde et est devenu communiste comme tout le monde. C'était probablement le seul parti à venir les soutenir à l'époque, du moins c'est ce que je suppose... Pour comprendre vraiment, il faudrait se replonger dans l'ambiance et l'histoire politique de l'époque. Moi, je n'ai que le point de vue familial, et selon ma mère, qui n'était pas communiste (sans doute en réaction), les communistes d'Avesnes-lez-Aubert n'étaient pas tous des convaincus politiquement, loin s'en faut ! Etre communiste ne les empêchait pas de faire faire leur communion solennelle à leurs enfants, et ma mère s'amusait de cette expression de l'époque (de l'autodérision ?) : communis' partageux, tout pour mi tout seu !
Mais cette époque a marqué profondément et durablement ce village dont la population travaillait dur et gagnait peu, tout comme bien d'autres communes du Nord Pas-de-Calais...
Pour avoir une idée des conditions de vie du début du siècle dernier, il faut lire Mémé Santerre, de Serge Grafteaux. Ma mère s'y était tout-à-fait retrouvée tout en étant de la génération suivante.
Pour ma part, je ne porte pas de jugement, je suis profondément laïque et respectueuse des opinions politiques et religieuses de chacun, opinions souvent forgées au croisement d'histoires personnelles et de la grande histoire.... Et j'ai beaucoup de respect et de tendresse pour ma famille qui a vécu dans des conditions si difficiles, qui a été marquée par tant de drames, et dont les membres ont été si courageux !...
10. Le vendredi 14 mars 2008 à 08:06, par patou
et sur ce ont répond "vive kimberlotte!!!)
11. Le vendredi 14 mars 2008 à 12:15, par draguignan
à Kimberlotte, D'abord, on voit que tu es une passionnée et c'est très bien car ça devient une denrée rare. J'ai lu aussi Mémé Santerre et tu as oublié de dire que les ouvriers d'Avesnes allaient même bien loin aux betteraves, jusque dans les grandes plaines de la Beauce, je crois. Quelle dure vie ils ont dû mener !.. Quand j'entend les gens se plaindre de la "misère". Mais enfin, j'aborde là un sujet à éviter. De même, les mineurs, quelle vie et ils arrivaient à l'aimer.
12. Le vendredi 14 mars 2008 à 12:25, par draguignan
à Kimberlotte, Je retrouve à ta lecture tous les termes "wassingue" - "wassinguer" etc.. Je pense que tu disais aussi "eine lavette" pour un morceau de tissu qu'on employait pour faire la vaisselle, lavette qui a précédé l'éponge et aussi ramasse-poussière et ltourtière.. On disait aussi à pieds d'éco pour "à pieds de chaussettes". Tout ça me rappelle la ghrand-mère de ma femme qui parlait toujours le patois. Au début que nous allions la voir, elle voulait parler français, alors elle se rengorgeait et elle battait des paupières pour prendre un air distingué. Alors, bien sûr, je lui ai parlé patois et ça l'a bien arrangée. Pour du chiendent, elle disait du "kien poil eud'cim'tière" mais je n'avais jamais entendu ce terme que par elle, c'est d'ailleurs pourquoi je l'ai retenu. Mon père disait une piessente ou une voyette indifférement. Que de mots, que de souvenirs.
13. Le vendredi 14 mars 2008 à 12:49, par kimberlotte
Oui, draguignan, on disait une lavette, mais ça se dit toujours !
Ton chiendent, ça me fait penser à une mauvaise herbe qui pousse volontiers dans nos jardins. J'ai toujours entendu ma mère dire : c'est de l' leuri, et il n'y a pas longtemps que j'ai enfin trouvé sa traduction en français : la mercuriale !
14. Le vendredi 14 mars 2008 à 13:59, par Mozinpef
Le chiendent, (Agropyrum repens) est un mot bien français! En chti, in dit: del queule, ou del colle dans le boulonnais. Je vous invite à vous reporter à mon billet, dans la rubrique: commint qu'in dit, intitulé: commint qu'in dit: arbes, légumes,fleurs, mauvaises herbes et outils; le tout, présenté par un petit poème de ma composition, magistralement récité par notre bienaimé ouebmaistre. Ben ouais, ya pos d'mal à s'faire un tiot coup d'pub! La bièrologie n'est quand même pas mon seul centre d'interrêts!!!!!!
15. Le vendredi 14 mars 2008 à 14:08, par Mozinpef
ou bin, té caches dins les archifes du 23 janvier 2007! Ya tellemint ed choses interessantes dins ch'blog, que si y fallot tout écrire, cha ferot eune incyclopédie in 12 volumes au minimum! Ch'est quind même bin pratique, l'informatique!
16. Le vendredi 14 mars 2008 à 15:45, par kimberlotte
Vraiment bien, ton poème ! Je n'avais pas encore visité cette rubrique, et elle m'a rappelé plein de souvenirs ! Tu as bien raison, on est tertous attachés à la terre, ne serait-ce qu'à cause de nos aïeux qui cultivaient au minimum un jardin pour avoir des légumes. Encore maintenant, même si je n'ai plus qu'un balcon, j'ai besoin de jardiner un peu, et quand je voyage, je regarde toujours où en sont les cultures...
Petite réflexion : chez moi, les queues de rat, c'était du plantin... Qaund j'étais en vacances à Esnes-les-Baudets et qu'avec les enfants du village je traînais dans les pâtures, il nous arrivaient de nous piquer aux orties. Alors on prenait des feuilles de queues de rat, on les mouillait de salive, et on les collait sur les boutons : ça calmait les démangeaisons !
On est loin du sujet ! S'il fallait l'écrire, l'encyclopédie de chblog, il faudrait inventer une organisation du tonnerre pour s'y retrouver !
17. Le samedi 15 mars 2008 à 11:55, par Mozinpef
Cha s'rot interessant ed savoir commint que tizôtes, té prononces el W. Té dis eune vassingue, ou eune ouassingue; un vagon, ou un ouagon; un vaterzooï, ou un ouaterzoille? Mi, ej prononce "ou"! Et pourquo que tout l'monde y dit: aller aux V-C, alors que, in inglais, ch'est: ouatère-clozaide?? Cha veut dire: eau fermée! y zont pos incore inventé la chasse d'eau? Ah, chés anglais!!!
18. Le samedi 15 mars 2008 à 12:07, par vroup
..teu pinses à un tchien quind i' abé':OUAH! eximpe ed' phrase"" -attintion au OUAH!ter-paulo!!l'iau all' déborde et teu vas OUAH! ssinguer!
19. Le samedi 15 mars 2008 à 12:43, par kimberlotte
Moi, je prononce le w "oua" ! Sauf pour wagon, tellement je me suis fait reprendre à l'école ! Dans ma famille cambrésienne, on n'allait pas aux VC, mais au cabinet ! Une de mes vieilles cousines d'Avesnes-lez-Aubert que j'ai appelée cette semaine a encore employé ce mot-là. Mais ça, c'était quand on parlait bien, sinon, c'était carrément aux chiottes ! Maintenant, on va aux toilettes !
Réviss' tin inglais, Mozinpef, in n' dit pas ouatère-clozaide, mais ouatère-closète !
20. Le samedi 15 mars 2008 à 17:36, par Mozinpef
Cha m'apprindra à faire el crâneur, et essayer ed parler inglais!
21. Le samedi 15 mars 2008 à 17:42, par patou
mon pauvre mozinpef mais nan c'est ene faute ed frappe cha arrive à tout lmonde .......
22. Le samedi 15 mars 2008 à 18:02, par kimberlotte
Ah, ces instits, incorrigibles ! Mozinpef sait bien que ce n'est pas méchant de ma part, mais il est quand même plus gentil que moi : quand je fais une faute, il ne dit rien ! Mais quand je ne retiens pas ses leçons, il se fâche !!! Surtout en biérologie....
23. Le samedi 15 mars 2008 à 18:33, par kimberlotte
Il n'y a pas que le w qui est singulier dans le Nord Pas-de-Calais. Il y a aussi le genre des mots. Par exemple, dans le Cambrésis, on dit une avion !
24. Le samedi 15 mars 2008 à 19:22, par draguignan
Au sujet du genre des mots, dans le Nord, les maçons disent un règle pour une règle. Et, si je me souviens bien, le mot bite (oh, le vilain) était mis au masculin. Dans le midi, on dit une cardan (de voiture) Comme quoi, il n'y a pas que nous qui nous trompons parfois.
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