dimanche 25 mars 2007

  Un proverbe d' grand père




Laïte, l' fill' du Tape-autour,
Etot un vrai r'mèt' cont' l'amour.
Grand père, in apperdant qu'all' fréquentot Eusèpe,
Dit "N'y a pas si laid pot qui n' peut trouver s' couvieppe !"

Paul Boutique

Paul Boutique, né à Anzin en 1877, mort à Valenciennes le 19 novembre 1941.
Paul Boutique était ingénieur chimiste à la pharmacie d'Escaut-et-Meuse.


Traduction littérale :

Laïte, la fille du Tape-autour,
Etait un vrai reméde contre l'amour
Grand Père, en apprenant qu'elle fréquentait Eusèpe,
Dit : "N'y a pas de si laid pot qui ne peut trouver son couvercle !"

samedi 24 mars 2007

  Un papillon volage

Un vulcain
Un vulcain, sur une fleur de lilas de mer.





Un très joli poème de Pierre Sébert d’Arras.

El' rosée

Dins un gardin sogné, superpe
Eun’ rose étot dins tout s’bel’té. (beauté)
All’ rayonnot au-d’zeur de ch’l’herpe
Au grand solel d’un bel été.

Un papillon qui l' vot éclose
Tout duchett’mint comm’à l’ confesse,
Li dit « Surtout n’seuche pont morose ! »
Et pis fait des longués baisses.

Cor là rivé au crépuscule,
Nou volage est fait prijonnier
Et durant tout l’nuit, sans scrupule,
I continue à l’imbrasser.

Au jour, el’ rose eufe es’ corolle (ouvre)
A ch’ti qui li a appris l’amour.
Mais comm’un traîte, un sans parole,
I s’in va sans espoir d’artour.

Et v’là pourquoi qu’ celle rosée
All’ existe ed’ pis el’ viux temps :
Parc’ qu’un jour eun’ rose imbaumée
A brait s’n’ami in s’révillant.
Pierre Sébert

Livre de Guy Dubois

vendredi 23 mars 2007

  Un mau d'Lucifer

Jardinier au travail

Dins ch'gardin...




Un mau d'Lucifer à fouir ch'gardin !

- Ch'est ichi qu'jai foui, tout ch'coin, et j'nai attrapé eune tapure !


Traduction littérale :

Un mal de diable à fouir (bêcher) le jardin !
C'est ici que j'ai bêché tout le coin et j'en ai attrapé un tour de rein !

jeudi 22 mars 2007

  Un amour de patois

L'horloge du beffroi
Le beffroi de l'hôtel de ville de Calais

Un texte émouvant du regretté TIT LOUIS alias André BALLE.
André Balle habitait dans le calaisis.


Le patois, c’est la cloche dans le petit matin, au chant du coq…
Le patois, ce sont les blés mûrs, les foins frais coupés, l’alouette dans son ascension, les trilles du merle entre soleil et brume…
Le patois, c’est aussi le vent, la fougère qui meurt, cette odeur d’humus qui monte de la terre, à l’automne…
Le patois, c’est encore l’après messe dans les estaminets, les tapis de cartes et le blanc doux…
Le patois, c’est le bon sens, la patience…
le patois enfin, c’est la terre…

mercredi 21 mars 2007

  El' planète al' récauffe, mi m'ingèle !




El frodure el’retour !
Que timps d’tchien, i drache, i neiche, i vinte, i s’crorot pas au printemps !
I n’a marre d’êtes saucé, d’avoir el’piquette, d’êtes ingélé, d’avoir trannette, marre d’s’mouquer…
In voudro êtes dégaverlé, suer d’caud, êtes in nache, faire un tit niquet avec maman au solé !


Traduction littérale :

Le retour du froid !
Quel temps de chien, il pleut, il neige, il vente, on ne se croirait pas au printemps !
On en a marre de recevoir des averses, d’avoir l’onglé, d’être gelé, de trembler de froid, marre de se moucher…
On voudrait être débraillé (avoir le col de chemise ouvert, la gorge découverte), suer de chaud, être en nage, faire une petite sieste avec sa femme au soleil.

Un tit rayon d'solé pour ténir el'caup !
Paon du jour

Papillon "le paon du jour" sur du lilas de mer à Groffliers, fin juillet 2006

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