Version sonore : Régis




In r’vénant d’ l’interr’mint de s’ femme Cafougette i bot avec ses confrères,
tout in buvant verre su verre, un d’ ses comorate sans busier à mal s’ met à canter !
Cafougnette comminche à suive l’exempe, i s’ met à crier comme un sourd !
Ses comorates veulent el faire taire…

- Ch’ n’est point l’momint :
In n’ cant’ point un jour d’interr’mint.

Mais non Cafougnette d’ pus belle
S’ restampe aussi fèl’ qu’eune jeune archelle…
Tindant s’ bras comme un orateur,
I cri’ chu qu’il avot d’sus l’ cœur :

- Ah ! aujourd’hui, j’ardéviens jeune.
J’peux canter, j’ peux vous in dire eune.
Ch’est l’ premièr fos qu’ jé m’ sus prom’né
Avec em’ femme sans disputer !


D’après « l’interr’mint dé l’ femme à cafougnette » de :
Jules MOUSSERON (1868-1943)
Le Poète-Mineur

Traduction littérale :

En revenant de l’enterrement de sa femme Cafougnette bois avec ses confrères,
tout en buvant verre sur verre, un de ses camarades sans penser à mal se met à chanter !
Cafougnette commence à suivre l’exemple, il se met à crier comme un sourd !
Ses camarades veulent le faire taire…

- Ce n’est pas le moment :
On ne chante pas le jour d’un enterrement.
Mais non Cafougnette de plus belle
Se redresse aussi brusquement d’une personne très vive…
Tendant ses bras comme un orateur,
Il crie ce qu’il avait sur le cœur :

- Ah ! Aujourd’hui, je redeviens jeune.
Je peux chanter, je peux vous en dire une.
C’est la première fois que je me suis promené
Avec ma femme sans me disputer !