LE LABOUREUR ET SES ENFANTS
Par Regis Lenglos, mercredi 19 octobre 2005 à 06:56 :: Poèmes chti :: #205 :: rss
Eun’ fable ed’ La Fontaine que Jules Dermaux i armis à s’mode.
Ch’ cinsier et ses infants
Ch’ viux cinsier qui s’ sintot d’ moins in moins bien
S’ dijot in li-même : « J’ cros que j’n’ai pus pour longtimps ! »
Et, busiant qu’y étot pus que temps,
I fait v’ nir tout près d’li tous ses infants.
Quand i sont tertous insanne autour de ch’lit,
Avec el’reste ed’ forches qu’i a cor, i leu dit :
« Mes infants, acoutez bien, avant d’morir
Y’a eun’ affaire que j’veux vous dire.
Ch’est de, surtout n’point vinde nou terres
Qu’j’ai mi-même héritées d’vou grand-père.
Surtout qu’y a eun’ grosse fortune muchée d’dins !
Mais l’indrot, au jusse, j’sais pus fort bin.
Vous avez intérêt à cacher tout partout,
Avec du courache, o’z’in viendrez à bout ! »
Ch’père, eun’ fos mort, tous ches infants
S’mettent à artourner tous ches camps,
D’long in larque, comminchant timpe, finichant tard
, Mais toudis sans treuver l’moindre liard.
Si ch’n’est, par contre, que ch’t’année là i z’ont eu
Des récoltes comme i n’n’avottent jamais vues.
I n’y avot jamais eu d’argint d’muché,
Mais chelle leçon tertous l’avottent digérée.
Leu viux père, qu’ch’étot un homme fort sache,
Qu’ch’est dins leu bras qu’y avot d’l’or,
Et que ch’l’ouvrache aussi, ch’est un trésor.
Jules Dermaux (Dins min parlache de min Mouscron)
LE LABOUREUR ET SES ENFANTS
Travaillez, prenez de la peine :
C'est le fonds qui manque le moins.
Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
" Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'août :
Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse. "
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout : si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer, avant sa mort,
Que le travail est un trésor.
La Fontaine
Avec el’reste ed’ forches qu’i a cor, i leu dit :
« Mes infants, acoutez bien, avant d’morir
Y’a eun’ affaire que j’veux vous dire.
Ch’est de, surtout n’point vinde nou terres
Qu’j’ai mi-même héritées d’vou grand-père.
Surtout qu’y a eun’ grosse fortune muchée d’dins !
Mais l’indrot, au jusse, j’sais pus fort bin.
Vous avez intérêt à cacher tout partout,
Avec du courache, o’z’in viendrez à bout ! »
Ch’père, eun’ fos mort, tous ches infants
S’mettent à artourner tous ches camps,
D’long in larque, comminchant timpe, finichant tard
, Mais toudis sans treuver l’moindre liard.
Si ch’n’est, par contre, que ch’t’année là i z’ont eu
Des récoltes comme i n’n’avottent jamais vues.
I n’y avot jamais eu d’argint d’muché,
Mais chelle leçon tertous l’avottent digérée.
Leu viux père, qu’ch’étot un homme fort sache,
Qu’ch’est dins leu bras qu’y avot d’l’or,
Et que ch’l’ouvrache aussi, ch’est un trésor.
Jules Dermaux (Dins min parlache de min Mouscron)
LE LABOUREUR ET SES ENFANTS
Travaillez, prenez de la peine :
C'est le fonds qui manque le moins.
Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
" Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'août :
Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse. "
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout : si bien qu'au bout de l'an
Il en rapporta davantage.
D'argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer, avant sa mort,
Que le travail est un trésor.
La Fontaine

Commentaires
1. Le mercredi 26 octobre 2005 à 11:48, par MICLODE
bravo, je voudrais avoir la permission de recopier les textes patoisant dans une revue gratuite que mon association envoie à ses adhérents duPas de Calais (association de malade)
2. Le mercredi 26 octobre 2005 à 17:58, par Régis
Ces textes font partie de notre patrimoine chti, plus ils seront recopiés, transmis, plus ils auront de chance d'échapper à la trappe du temps.
Amitiés chti à tertous
Régis
3. Le samedi 29 octobre 2005 à 17:41, par MICLODE
Un ch'ti merci pour mon association.
4. Le vendredi 14 avril 2006 à 17:41, par mouguyama ludvia
j'aimeria avoir le commentair du texte
5. Le vendredi 14 avril 2006 à 17:49, par mouguyama
l 'auteur est le laboureur et ses enfants de( jean de la fontaine)
6. Le lundi 17 avril 2006 à 11:56, par delphine dulion
très belle moralité chez ce laboureur , jean de la fontaine quel génie ! que les jeunes en prennent de la graine
7. Le dimanche 11 février 2007 à 13:10, par laetitia la chti du 82
Bonjour je m'appelle laetitia j'ai quitter le nord avec regret pour le travail, aujourd'hui je suis dans le sud ouest et j'attend un enfant et j'aimerai lui apprendre nos tradition et nos chanson grace a vous j'ai pus retrouver les parole de dors min petit quinquin que mon père me chanter quand j'était petit, merci pour se grand moment d'émotion.
8. Le lundi 17 septembre 2007 à 17:58, par lola
c super je sui entrin de laprendre elle est super facileMERCI
LOLAA+
9. Le jeudi 27 décembre 2007 à 03:30, par zamiketa
je recherche la meme fable mais en picard (ch'fermieu pis ses fius) personne sais ou je peu la trouver???
Ajouter un commentaire